mercredi 20 août 2008

QUI SUIS JE ?


Kevin Koné, mieux connu sous son nom de scène Flex 1, est un rappeur Français. Sa particularité est d'avoir un flow hors du commun ainsi que des textes ficelés "à l'américaine" c'est à dire bourrés de "punch lines" et évoquant les réalités de la vie, la vida loca et le sexe.
Né à Abidjan, Côte d’Ivoire, sa première passion avant la musique a été le football. Dans la cité d’Attoban, le jeune Kevin prend goût au ballon rond lors de tournois « comités » pendant lesquels il exprime sa technique balle au pied. « Avant, je voulais être pro mec j’étais trop fort ! Les gars m’appelaient Dwight Yorke (ancien joueur de Manchester United) tellement j’étais fort ! Tu peux croire ça ?» se rappelle-t-il. Parallèlement au sport, il commence à s’intéresser au Rap dès le début du nouveau millénaire quand ses grands parents de retour d’un voyage à Paris lui ramènent le fameux disque de Dr Dre « The Chronic 2001 ». « Ca a été une baffe, la révélation parce que je découvrais un autre monde, une autre réalité, j’ai réalisé qu’il n’y avait pas que moi, ma mifa et mon quartier sur la Terre » dit-il. Ensuite, alors âgé de seulement 13 ans, il passe en revue tous les grands classiques du rap américain, tel que « Ready To Die » de Biggie ou « Illmatic » de Nas, pour étendre sa culture du Hip Hop afin d’en devenir un « crack » comme ces amis du quartier, pour la plupart plus âgés que lui. Cependant le Rap français ne l’attire pas trop car il « ne s’y retrouve pas et préfère puiser l’eau à sa source », c'est-à-dire aux Etats Unis.
Cette passion pour le Hip Hop va irrémédiablement l’emmener à en faire partie. Ainsi, en 2003, après s’être attribué le pseudonyme de K-Boss, il commence à écrire ses premiers textes et se fait une réputation de freestyler dans son lycée Jean Mermoz. « A l’époque c’était pur, sans complexes, y’avait des clash chaque semaine derrière le school et on m’appelait pour défier tel ou tel gars » raconte t-il. C’est dans ce contexte qu’il enregistre son tout premier projet dans un studio de la place, sous le nouveau blaze de Flex 1, « Real Pussy Player » qui, malheureusement, ne sortira pas faute de moyens et de temps.
L’année d’après, en novembre, suite à la grave crise politico-sociale que traverse son pays, il passe de l’autre côté de l’Atlantique et s’installe à Paris puis à Toulouse avec sa mère et ses frères et sœurs. Il intègre le lycée Saint Sernin en plein milieu des grèves estudiantines contre la loi Fillon qui paralysait tous les établissements scolaires de France. « Quand j’suis arrivé en France, le 1er truc qui ma choqué c’est la liberté qu’on peut avoir ici mec. Chez nous, des élèves qui bloquent l’école ? Ils vont dormir à l’hôpital frère, c’est sérieux » dit il en rigolant. C’est dans ce lycée qu’il fait la connaissance de El’Masta et de DJ Ralph qui vont l’intégrer dans le BlackstaZ. Ses compagnons du micro vont lui permettre de prendre rapidement ses marques dans sa nouvelle ville et de « passer son rap à l’étape suivante ». En quelques mois il investit dans un matériel basique de studio qu’il installe dans son appartement pour pouvoir enregistrer le plus de sons possible le plus rapidement possible : « Me lever le matin et enregistrer en caleçon c’est mon truc », précise t-il « En arrivant, je me suis dit qu’il fallait que je mette cette ville sur mon dos, pour ça il faut être consistant, pour progresser et arriver au top du milieu ». Il fait la connaissance de Keisa un beatmaker, Dj et graphiste basé à Tours et enregistre sa 2ème mixtape « Al Jazeerap », le 1er produit estampillé BlackstaZ » qui sort en Février 2006 et connait un succès d’estime qui lui permet de s’introduire dans le game toulousain. Des pistes comme « Le Son Des Youvas », « Ma Go » ou encore « On m’a Dit » vont lui permettre, aidé par des artistes reconnus comme Bibo, d’engendrer un buzz considérable qui va l’amener à sortir une suite quelques mois plus tard, uniquement disponible sur le net, « Al Jazeerap -La Réinvention : Sons Perdus » qui contient des remixes de morceau de sa mixtape précédente et des morceaux inédits comme « Prier Pour La Paix » dans lequel il évoque la situation dramatique que connait son pays d’origine. On y découvre également des apparitions des membres du BlackstaZ, El’Masta et Tis’M sur bon nombre de morceaux. C’est à cette époque que Flex décide d’intituler son prochain album officiel « Le Contrôle de La Ville » qui fera grincer des dents dans le milieu. Peu attentif à ces critiques, Flex continue sa route en faisant des apparitions sur plusieurs pistes de ses acolytes du BlackstaZ et commence à être vivement sollicité par des artistes toulousains.
Cependant, en milieu d’année, agaçé par les propos irrespectueux d’un rappeur local, Flex 1 aka Lamborghini Flaza s’attaque à lui sur le diss-track « Vieille Ecole » extrait de la mixtape à venir « Le Nouvel Element ». Dans ce morceau, il décrit son adversaire comme un gangster de studio utilisant son « téléphone rose » pour proférer des menaces vides de sens à la radio. Ce diss-track va être une étape importante dans le parcours de Flex, puisqu’il fera encore plus parler de lui à Toulouse. Des blogs seront consacrés à ce clash et l’engouement autour de cette bataille ne fera qu’augmenter, du fait que la scène Toulousaine n’est pas habituée à ce genre de joute musicale. Après une réponse décevante et sans saveur de la part de son rival, il ne reste plus pour Flex que de délivrer le coup du K.O sur « Garde le survet’ » dans lequel il dresse un portrait comique mais réaliste du rappeur en survet’ : « J’ai vu ton affiche sur la place du capitole/Avec ta tête de boutons d’un gars qu’a la variolle(…) La pilule passe pas mais c’est pas pour stopper tes règles/Pour moi t’es qu’un plan cul oh garde le survet’ ». Avec cette réponse, le beef n’a plus de sens et son adversaire perd du crédit jusqu’à disparaitre complètement de la scène toulousaine à l’heure ou cette phrase est écrite. Peu après, Bac ES en poche, Flex 1 sort « Le Nouvel Element » en décembre qui contient des productions de Keisa et de Mélozik, des faces B et des freestyles. Pour définitivement conclure, le beef qui l’opposait à « T2R », il sort « J’N’ai Rien & J’ai La Gueule » sous fond d’avant première cinématographique qui met en scène son adversaire se plaignant et gémissant du mauvais traitement infligé par Flex 1.
Après ceci, le chapitre est clos, Flex est admis en 1ere année du Toulouse Business School à Balma et décide de se concentrer sur ses études et sa musique en faisant abstraction du hip hop Toulousain : « Apres ce soit disant « beef », j’m’sentais comme si j’avais encore la pression de prouver quelque chose à quelqu’un alors que j’avais piétiné ce bouffon. Il fallait que je m’enlève cette pression pour progresser ». Il se focalise donc sur sa 5ème mixtape « Déchet Toxique » du même nom que la catastrophe écologique qui a frappé son pays pendant l’été précédent. « J’étais là bas quand c’est arrivé, on a tous respiré cette merde et y’a des gens qui sont morts. C’était l’occasion de faire parler de moi au pays en sortant un disque qui s’appelle Déchet Toxique ». Le disque de 14 titres totalement mixé par Keisa présente des freestyles sur des faces B américaines telles que « Hustlin » ou « Money In The Bank ». Le producteur JLBR (Alpha 5.20) produit quant à lui les 2 singles de la mixtape « Guerilla » qui est un pamphlet sur le rap français actuel et « Bon Vieux Temps » qui connait jusqu’à présent un succès énorme jusqu’en Côte D’Ivoire, affichant plus de 10000 écoutes en quelques mois sur son site Myspace avant que celui-ci ne soit piraté.
C’est le début d’une nouvelle ère, Flex est définitivement dans la place et multiplie les nouveaux morceaux qu’il publie sur sa page Myspace (« Jambes En L’Air », « Whoa », « Suce Ma Queue »,etc). Fin 2007, Il fait la connaissance des Disciples Déchus avec qui le courant passe bien. Le morceau « Ce qu’il Faut » sur lequel apparait Zach3 confirme cela ainsi que le remix de « Assaisonée Mouillée » le zouk-rap de Tis’M qui sera joué dans plusieurs boites de nuits à Toulouse. Pour représenter le Sale Sud sur un beat de son collègue Keisa, Flex sait y faire. « Ici C’est Le Sud », initialement enregistré avec BABS des Disciples Déchus va faire l’effet d’une bombe à Toulouse quand il sera remixé par le Rayon Frais : « Ca a été la folie fils, un truc de fou ! Chaque fois que je suis dehors on me parle de ce son, les gars veulent faire des remix et tout, à tel point que j’ai décidé de faire un balèze truc dessus, le Toulouse All Stars Remix, ça va sortir parce que y’a trop d’attente dessus ». Ce remix sera délivré sur « Iceberg Music », du même nom que le label indépendant qu’il entreprend de monter. Une multitude de morceaux a déjà été enregistrée, mais Flex reste muet quant à la sortie de ce projet qui continue de générer énormément d’attente et d’espoir.

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